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Marianne Cohn

Biographie

Marianne Cohn est née à Mannheim (Allemagne)  en 1922, dans une famille d’origine juive mais plutôt détachée de la tradition juive. Cette famille est bouleversée par l’irruption du nazisme. Entre 1934 et 1944, elle connaît plusieurs exils: la famille part pour l’Espagne, Marianne et sa sœur sont envoyées à Paris.

Résistance et mort

Dès 1941, la jeune Marianne entre en résistance puis participe à la construction du MJS (mouvement de la jeunesse sioniste). De septembre 1942 à janvier 1944, sous le pseudonyme de Colin, elle a pour tâche de faire passer des enfants juifs vers la Suisse. Arrêtée en 1943, elle est relâchée au bout de trois mois. C’est de cette période que l’on date sans en être absolument sûr  la composition du poème « Je trahirai demain ».

 

Le 31 mai 1944, elle est à nouveau arrêtée alors qu’elle a en charge une trentaine d’enfants et que seulement 200 mètres les séparent de la frontière suisse. Malgré la torture, elle ne livre aucune information à la Gestapo et refuse la proposition d’évasion de son réseau par crainte des représailles sur les enfants.

Emmenée dans la nuit du 7 au 8 juillet 1944 par la Gestapo, elle est assassinée à coups de bottes et de pelles.

« Je trahirai demain »

 

Je trahirai demain pas aujourd’hui.
Aujourd’hui, arrachez-moi les ongles,
Je ne trahirai pas.

Vous ne savez pas le bout de mon courage.
Moi je sais.
Vous êtes cinq mains dures avec des bagues.
Vous avez aux pieds des chaussures
Avec des clous.

Je trahirai demain, pas aujourd’hui,
Demain.
Il me faut la nuit pour me résoudre,
Il ne faut pas moins d’une nuit
Pour renier, pour abjurer, pour trahir.

Pour renier mes amis,
Pour abjurer le pain et le vin,
Pour trahir la vie,
Pour mourir.

Je trahirai demain, pas aujourd’hui.
La lime est sous le carreau,
La lime n’est pas pour le barreau,
La lime n’est pas pour le bourreau,
La lime est pour mon poignet.

Aujourd’hui je n’ai rien à dire,
Je trahirai demain.

 

Marianne Cohn, 1943

 

« Je trahirai demain » fait partie de ces textes littéraires qui ont une aura particulière du fait de la destinée tragique et héroïque de son auteur. Il convient cependant de l’analyser comme le texte poétique qu’il est, ce qui revient, également, à rendre hommage à son auteur.

Le poème de Marianne Cohn est intéressant d'un double point de vue littéraire et historique. Le thème central est celui de la trahison. Ecrit en prison, elle évoque de façon réaliste ce qui l’attend, c’est-à-dire la trahison qu’elle va commettre à l’encontre de ses amis. La poétesse est sur le point d’être torturée et ne veut à aucun prix trahir les autres résistants : "Je ne trahirai pas"

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Collège St Thérèse, 5 rue de l'Ancienne Eglise, 91230 Montgeron

© 2016 par Léonard Pul, Kérolos Louka, Sébastien Correa, Ailvin Lehoucq et Kévin Cannaya. Remerciements à Margaux Siffritt.

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