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Lee Miller

Biographie

Combien de vies a vécues Lee Miller? Sept, peut-être. L'enfance d'Elizabeth Miller, née en 1907, à Poughkeepsie, États- Unis. La jeunesse d'un mannequin vedette, découverte par Condé Nast. Elle a vingt ans. Elle fait la première couverture de Vogue, les plus grands photographes la réclament. Départ pour la France, et troisième chapitre, à la fin des années 1920. Lee Miller devient l'égérie de Montparnasse et de Man Ray. On la voit dans Le sang d'un poète de Cocteau, en 1930, figure hiératique, à demi- dissimulée derrière son éventail. Cette distance lui ressemble. Elle ne veut plus être modèle, mais photographe. Elle travaille aux côtés de Man Ray. Elle découvre la solarisation, c'est lui qui l'utilisera. Et puis, Paris et ses frivolités la lassent. Elle rentre à New York en 1932, monte son studio, repart au Caire deux ans plus tard - elle a épousé un homme d'affaires égyptien. Elle finit par s'y ennuyer aussi, revient en Europe au moment où la guerre éclate. C'est le début de la sixième vie de Lee Miller, une vie de photographe. Lee Miller meurt le 21 juillet 1977 à l’âge de 70 ans à Chiddingly en Angleterre.

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L'exposition «Lee Miller 1944-1945», organisée par le Centre d'histoire de la Résistance et de la déportation de Lyon, ne parle que d'une vie, celle de la reporter de guerre. Cent-cinq photographies, en noir et blanc, qui couvrent deux ans à peine, presque toute sa carrière pourtant. En 1944, Lee Miller s'impatiente. Depuis le début du conflit, elle travaille pour l'édition britannique de Vogue. Mais l'atmosphère mondaine du magazine commence à lui peser. Le débarquement la sauve. Elle demande, et obtient, une accréditation auprès de l'armée américaine, débarque en Normandie avec son Rolleiflex et sa machine à écrire, et plonge tête baissée dans l'aventure. Celle qui fut une icône du Paris des années 1930, le symbole de l'avant-garde, se révèle une photographe aventureuse et énergique, à l'égal des plus grands, décidée, courageuse, toujours aux premiers rangs sans chercher à se préserver. Pendant un an, elle met ses pas dans ceux de l'armée américaine, partageant l'ordinaire de la vie militaire, restant des jours entiers sans se changer, à se laver dans son casque, à dormir dans la vermine et les punaises. Aussi déterminée qu'un soldat, sans aucune compassion pour l'Allemagne vaincue, elle aime la compagnie des troupes et l'excitation de la bataille. Jetant par-dessus bord ses recherches des années 1930, Lee Miller devient une vraie photographe de guerre, revendiquant le document, sans s'embarrasser de considérations formelles, même si dans ses images au format carré, la composition l'emporte sur l'instant.

La guerre de Lee Miller est une guerre vue du côté des hommes. On y voit peu de batailles, sauf le siège de Saint-Malo où elle photographie le premier bombardement au napalm. Lee Miller raconte la guerre avant et après les combats, en regardant les visages des hommes, les soldats, les médecins, les infirmières et tous ceux qui suivent les armées. Elle dévoile l'angoisse, la peur, la solitude, la mélancolie, le doute, la souffrance des blessés, la joie volée entre deux combats, comme ces haltes bucoliques dans la campagne normande. Sa guerre est sans héroïsme, sobre, quotidienne, réaliste. Une affaire de soldats.

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Collège St Thérèse, 5 rue de l'Ancienne Eglise, 91230 Montgeron

© 2016 par Léonard Pul, Kérolos Louka, Sébastien Correa, Ailvin Lehoucq et Kévin Cannaya. Remerciements à Margaux Siffritt.

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