top of page

Joseph Steib

Biographie

Joseph Steib, né en 1898 à Mulhouse, Haut-Rhin, et mort en 1966 à Brunstatt Haut-Rhin, est un artiste peintre français. Il suit une formation aux arts plastiques à l’école de dessin de Mulhouse dans les années 1925-1926. Avant-guerre, il se taille une bonne réputation de peintre miniaturiste en croquant des scènes de genre et en illustrant des légendes alsaciennes. Au cours des années trente, il participe au Salon des artistes français à Paris par l’envoi régulier de tableaux.
Mais ne pouvant vivre de sa peinture, il est employé aux écritures puis au service des eaux de la ville de Mulhouse. C’est un fonctionnaire discret et sans histoire. Souffrant de graves crises d’épilepsie il bénéficie d’une préretraite en 1943.

joseph-steib-pour-memoire-1454099945
joseph-steib-document-remis-1419830138
Résitance

Le peintre amateur mulhousien Joseph Steib a produit durant la guerre une œuvre au style unique, hallucinée, violemment antinazie. Redécouverte longtemps après sa mort par le collectionneur François Pétry, elle fait aujourd’hui l’objet d’un livre, qui consacre sa reconnaissance aux plans national et international.
La guerre change les hommes. Elle fait de certains combattants des héros. Elle a fait de Joseph Steib, individu anodin et « peintre du dimanche », un artiste hors normes.
Avant-guerre, cet employé au service des eaux de la ville de Mulhouse aimait plaisanter, chanter, jouer du piano, bien que de santé fragile. « C’était un joyeux luron », résume François Pétry, qui signe le grand et beau livre qui lui est aujourd’hui consacré. Amateur averti, collectionneur insatiable d’images et d’objets,Steib s’inscrit dans la mouvance de Marie-Augustin Zwiller. « La guerre a fait exploser la gangue naturaliste », observe son biographe.

Le joug allemand, les crimes des nazis tournent alors à l’obsession. Dans son appartement de Brunstatt, ce patriote exalté se met à peindre ses visions, rêves et cauchemars alternés. Il multiplie les scènes d’horreur d’une terrible actualité - expulsions, déportations, assassinats, viols, exterminations, bombardements - et imagine, en anticipant de plusieurs années, l’Alsace et Mulhouse fêtant leur libération, à grand renfort de drapeaux tricolores.

Il projette sur ses toiles ses espoirs mais aussi ses désirs de vengeance, en représentant Hitler défiguré, ensauvagé, pendu, jugé par le Christ et jeté dans les flammes de l’enfer. Pétri de valeurs religieuses, Steib fait du dictateur nazi l’antéchrist, le Mal absolu, et le soumet à une « Passion noire »… Dans la préface du livre de François Pétry, Fabrice Hergott, directeur du musée d'art moderne de la Ville de Paris, évoque « des ex-voto contre le nazisme », « aux intentions prophétiques et magiques ».
La charge est radicale, violente, parfois scatologique. A posteriori, on rapprochera Steib de la « peinture de résistance » allemande représentée notamment par Otto Dix et George Grosz. Mais aucun d’eux n’a pris pour cible le « Führer » de façon aussi directe. Les circonstances aidant, le peintre « naïf » se révèle capable de méchanceté. « Il aurait certainement crevé s’il n’avait pas peint », souligne François Pétry.
Bien sûr, Steib a commis ces « attentats » esthétiques dans la clandestinité, mais des proches « venaient secrètement admirer dans les mêmes sentiments patriotiques ses tableaux et ses miniatures », racontera plus tard Alfred Faust dans le journal L’Alsace tout juste fondé. D’après une petite voisine de l’époque rencontrée par François Pétry, le peintre résistant se montrait imprudent : ses toiles étaient à peine cachées, il les montrait à des enfants qui auraient pu s’émouvoir des horreurs aperçues auprès d’adultes mal intentionnés. En cas de délation et de descente de la Gestapo, son sort était scellé… Mais il n’en fut rien, et en 1945, les rêves de Steib devinrent réalité. En septembre de cette année-là, pour la seule et unique fois, les 57 tableaux de ce qu’il avait baptisé « le Salon des rêves » furent présentés au public, à Brunstatt, dans le cadre des festivités marquant la Libération.

Puis Steib retourne à son style « idyllique » d’avant-guerre et à l’anonymat. Il meurt en 1966. Sa veuve, Rosa, commence à disperser les tableaux, dispersion qui s’accélère lorsqu’elle disparaît à son tour, en 1981. Le couple n’ayant pas eu d’enfant, ce sont les neveux et nièces de Rosa qui héritent de l’essentiel

  • Facebook Clean
  • Twitter Clean

Collège St Thérèse, 5 rue de l'Ancienne Eglise, 91230 Montgeron

© 2016 par Léonard Pul, Kérolos Louka, Sébastien Correa, Ailvin Lehoucq et Kévin Cannaya. Remerciements à Margaux Siffritt.

bottom of page